Crédit immobilier :En avril 2026, le taux moyen des crédits du secteur concurrentiel (hors assurance et coût des sûretés) s’est établi à 3.23 %.

Article publié le

Depuis décembre 2025, les taux des prêts à 25 ans ont ainsi augmenté de 6 pdb et ceux à 20 ans de 10 pdb : en revanche les taux des prêts à 15 ans ont reculé de 3 pdb, en réponse à l’évolution des seuils d’usure de ces derniers mois.

Après avoir reculé durant plus d’une année, le taux des crédits immobiliers s’était stabilisé de mars à août 2025, pour s’établir à 3.06 % en moyenne. Mais dès septembre 2025 le taux moyen s’est redressé : il a repris 11 points de base (pdb) entre juin et décembre 2025, pour finir l’année à 3.16 %. Puis la hausse du taux moyen s’est renforcée durant le 1er bimestre 2026 : + 3 pdb en janvier 2026 et + 4 pdb en février. Mais en mars, cette tendance haussière des taux a cédé la place à la stabilisation et un taux moyen à 3.23 % : habituellement, l’effort « commercial » de certaines banques peut s’observer avec le retour du printemps et le renouveau saisonnier de la demande ; il reste en général « sélectif », afin d’éviter l’engrangement de risques de défaut, la prudence occupant une place de plus en plus large dans la stratégie des établissements distributeurs.

Cependant cette année les banques ont dû faire face à un affaiblissement de la demande de crédits, au-delà de ses habitudes saisonnières : dans un environnement anxiogène qui déjà freinait la réalisation de nombreux projets immobiliers, les ménages ont été confrontés dès le début du mois de mars aux conséquences économiques du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient (ralentissement de la croissance, rebond de l’inflation, pertes de pouvoir d’achat, …). Afin d’atténuer ces conséquences, les banques ont dû réajuster à la baisse leurs barèmes (bien au-delà d’un simple geste commercial) pour répondre à la dégradation de la demande. Mais dans un paysage économique et financier particulièrement tourmenté, les établissements bancaires renforcent leurs stratégies prudentielles : ils arbitrent en permanence entre la nécessité de marger pour renforcer leurs fonds propres les conduisant à accroître les taux des nouveaux crédits immobiliers ; et le souci de préserver la solvabilité de leurs clientèles en modérant les hausses des taux des crédits accordés. Aussi, comme la demande de crédits se replie, les banques ont choisi de différer les ajustements des taux des crédits aux contraintes des marchés financiers et notamment à la brutale détérioration des marchés obligataires et boursiers.